Hôtel Baudy Giverny
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Restaurant
Photographie ancienne : un attelage et un groupe d’hommes devant la façade à store rayé de l’hôtel Baudy, à Giverny

Hôtel BaudyGiverny

Au cœur de la colonie des peintres américains

Une histoire d’artistes, de jardins et de rencontres à Giverny.

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Carte postale ancienne : la façade de brique de l’hôtel Baudy vue depuis la rue, avec une charrette tirée par un âne
Carte postale timbrée montrant la salle à manger de l’hôtel Baudy, ses tables nappées et ses tableaux accrochés aux murs
Photographie ancienne d’une devanture de brique portant l’enseigne « Postes — Recette auxiliaire »
Photographie ancienne : huit hommes allongés dans une prairie bordée de peupliers

Giverny — Normandie

Une maison, une histoire

À quelques centaines de mètres de la maison de Claude Monet, une bâtisse de village devenue lieu de rendez-vous des peintres. On y a dormi, peint, discuté, exposé ; on y a laissé des toiles, des lettres, des signatures.

Ce site rassemble ce qui subsiste de cette histoire : photographies, cartes postales, documents et témoignages, présentés comme les pièces d’un fonds d’archives ouvert au public.

Chaque document publié ici porte sa datation, sa provenance et son crédit lorsqu’ils sont établis — et le signale lorsqu’ils ne le sont pas.

Découvrir l’histoire de Baudy

Portraits

Les artistes de Giverny

Peintres, sculpteurs et voyageurs venus chercher à Giverny une nouvelle lumière.

Portrait de Léon Germain Pelouse Découvrir Léon Germain Pelouse 1838 — 1891 Français · Peintre paysagiste Chef de file de l’école de Cernay, paysagiste de plein air dans la filiation de Corot et de Daubigny. Portrait de Paul Cézanne Découvrir Paul Cézanne 1839 — 1906 Français · Peintre Il séjourne à l’hôtel Baudy à l’automne 1894, sur l’invitation de Monet, et y peint plusieurs paysages du village. Portrait de Daniel Ridgway Knight Découvrir Daniel Ridgway Knight 1839 — 1924 Américain · Peintre Peintre américain des paysannes françaises, installé à Poissy puis à Rolleboise, sur la Seine. Portrait de Claude Monet Découvrir Claude Monet 1840 — 1926 Français · Peintre Sa venue à Giverny est le point de départ le plus souvent cité de la réputation du village. Portrait de Hippolyte Camille Delpy Découvrir Hippolyte Camille Delpy 1842 — 1910 Français · Peintre paysagiste Élève de Daubigny et de Corot, il fait la jonction entre Barbizon et l’impressionnisme. Portrait de Lilla Cabot Perry Découvrir Lilla Cabot Perry 1848 — 1933 Américaine · Peintre Elle séjourne régulièrement à Giverny entre 1889 et 1909 et fait connaître l’impressionnisme en Amérique. Portrait de Theodore Robinson Découvrir Theodore Robinson 1852 — 1896 Américain · Peintre Le plus proche de Monet : une véritable amitié, et l’une des assimilations les plus profondes de l’impressionnisme français. Portrait de Paul Charles Chocarne-Moreau Découvrir Paul Charles Chocarne-Moreau 1855 — 1930 Français · Peintre de genre Peintre de genre parisien, spécialiste des scènes d’enfants des métiers populaires. Portrait de Mary Fairchild MacMonnies Découvrir Mary Fairchild MacMonnies 1858 — 1946 Américaine · Peintre Peintre de figures et de jardins, active en France pendant plus de vingt ans. Portrait de Willard Leroy Metcalf Découvrir Willard Leroy Metcalf 1858 — 1925 Américain · Peintre Souvent présenté comme celui par qui Giverny se fait connaître des peintres de l’Académie Julian. Portrait de Robert William Vonnoh Découvrir Robert William Vonnoh 1858 — 1933 Américain · Peintre et pédagogue Peintre et professeur américain, dont le grand champ de coquelicots de 1888 est rattaché à Giverny. Portrait de Maximilien Luce Découvrir Maximilien Luce 1858 — 1941 Français · Peintre et graveur Néo-impressionniste installé à Rolleboise, il rendait fréquemment visite à Monet, tout proche. Portrait de William Blair Bruce Découvrir William Blair Bruce 1859 — 1906 Canadien · Peintre L’un des tout premiers peintres nord-américains installés à Giverny, dès la saison 1887. Portrait de John Leslie Breck Découvrir John Leslie Breck 1860 — 1899 Américain · Peintre L’un des premiers Américains à adopter l’impressionnisme et à le faire accepter aux États-Unis. Portrait de Frederick William MacMonnies Découvrir Frederick William MacMonnies 1863 — 1937 Américain · Sculpteur et peintre Sculpteur de renom international, il tint également un atelier d’enseignement en Normandie. Portrait de Dawson Dawson-Watson Découvrir Dawson Dawson-Watson 1864 — 1939 Britannique, actif aux États-Unis · Peintre Le pensionnaire de l’hôtel Baudy dont le séjour est daté avec le plus de précision : inscrit au registre le 12 mai 1888. Portrait de Gustave Loiseau Découvrir Gustave Loiseau 1865 — 1935 Français · Peintre Post-impressionniste connu pour sa touche « en treillis » et ses paysages de la vallée de l’Eure. Portrait de Václav Radimský Découvrir Václav Radimský 1867 — 1946 Tchèque · Peintre paysagiste Le plus impressionniste des peintres tchèques, installé près de Vernon pendant près de trente ans. Portrait de Ernest Clifford Peixotto Découvrir Ernest Clifford Peixotto 1869 — 1940 Américain · Peintre, illustrateur et muraliste Illustrateur et muraliste américain, installé en France de 1888 à 1914, ami de Theodore Robinson. Portrait de Louis Aston Knight Découvrir Louis Aston Knight 1873 — 1948 Américain · Peintre Peintre des rivières normandes, installé à Beaumont-le-Roger, dans l’Eure. Portrait de Frederick Carl Frieseke Découvrir Frederick Carl Frieseke 1874 — 1939 Américain · Peintre Installé durablement à Giverny, il y peint des femmes dans les jardins et la lumière filtrée par les feuillages. Portrait de Richard Edward Miller Découvrir Richard Edward Miller 1875 — 1943 Américain · Peintre Des femmes élégantes lisant ou se promenant dans des jardins fleuris, d’une palette très raffinée. Son seul ami, œuvre de Germain Raingo-Pelouse Découvrir Germain Raingo-Pelouse 1893 — 1963 Français · Peintre Paysagiste de la Seine à Vernonnet, à quelques kilomètres de Giverny, et parent par alliance de Claude Monet.

Tous les artistes

Chronologie

Plus d’un siècle d’histoire

Les grandes étapes du lieu et de la colonie artistique, à compléter au fil des recherches.

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1869

Baudy fils, machines à coudre

Avant l’hôtel, avant même l’épicerie telle qu’on se la figure, la maison est un commerce de mercerie et de machines à coudre. Une lettre à en-tête gravé, datée du 30 avril 1869, et une enveloppe oblitérée à Vernon la même année en portent la raison sociale : « BAUDY FILS à Giverny ».

Baudy fils, machines à coudre

1883

Claude Monet s’installe à Giverny

L’arrivée du peintre dans le village précède de peu celle des artistes étrangers. Monet ne logera jamais chez les Baudy, et rien n’atteste qu’il y ait lui-même adressé des visiteurs : c’est sa seule présence au village qui attire les peintres.

Claude Monet s’installe à Giverny

1886

Willard Metcalf pousse la porte

La maison est alors un commerce de village : épicerie, mercerie, buvette. Willard Metcalf, peintre américain du Massachusetts, y arrive cette année-là à vingt-six ans — la collection Peers de Nieuwburgh le donne pour le premier des Américains, et rapporte qu’Angélina Baudy faillit l’éconduire avant de voir son matériel de peintre. Le registre des voyageurs, qui ne commence qu’en 1887, ne peut pas confirmer cette date.

Willard Metcalf pousse la porte

Juin 1887

L’ouverture de l’hôtel

Angélina et Lucien Baudy ouvrent l’hôtel en juin 1887 : des chambres à bas prix, un atelier au jardin, un court de tennis. La même année, le registre des voyageurs est mis en service — il tiendra jusqu’en 1899 et comptera quelque sept cents entrées. De retour à l’Académie Julian, Metcalf a fait connaître le village ; John Leslie Breck arrive avec un petit groupe d’expatriés. La colonie américaine est née.

L’ouverture de l’hôtel

1887 — 1891

Le premier hôtel de France aménagé pour les peintres

Angélina Baudy transforme le commerce. L’atelier est bâti au jardin en 1887 — un pavillon indépendant, verrière au nord ; la collection Peers de Nieuwburgh en attribue l’initiative à Theodore Robinson. Deux autres ateliers sont aménagés sous les combles en 1890. Suivent une vingtaine de chambres et une grande terrasse d’angle. L’atelier de machines à coudre de Lucien devient la salle de bal. La maison est alors, selon cette même source, le premier établissement de France aménagé spécialement pour les artistes-peintres. Des trois ateliers, seul celui du jardin subsiste.

Le premier hôtel de France aménagé pour les peintres

1893

La maison fournit la commune

Une facture acquittée le 15 février 1893 détaille des fournitures livrées à la mairie de Giverny entre 1890 et 1892, pour dix-huit francs quinze. L’en-tête dit ce qu’est alors la maison : « Hôtel & Café — Maison Baudy », épicerie et mercerie, bonneterie et chaussures. L’hôtel n’a pas remplacé le commerce : il s’y est ajouté.

La maison fournit la commune

Automne 1894

Le séjour de Paul Cézanne

Invité par Monet, Cézanne loge à l’hôtel Baudy du 30 septembre au 28 novembre. Mary Cassatt y séjourne en même temps ; la peintre américaine Matilda Lewis y croque son portrait. Il en rapporte deux toiles connues : « Paysage d’hiver (Giverny) », 65 × 55 cm, aujourd’hui au Philadelphia Museum of Art, et « Giverny (hôtel Baudy) », 65 × 81 cm, en collection particulière — cette dernière peinte depuis la terrasse d’angle de la maison. La Société Cezanne rapporte qu’il quitta Giverny brusquement, persuadé d’être moqué par les amis que Monet avait réunis pour le soutenir, en abandonnant plusieurs toiles à l’auberge.

Le séjour de Paul Cézanne

1887 — 1920

Un carrefour artistique international

Pendant plus de trente ans, la maison réunit peintres, sculpteurs, graveurs et écrivains venus des États-Unis, du Canada, de Grande-Bretagne, d’Australie et d’Europe. Bals costumés, parties de billard, expositions accrochées dans la salle à manger : la Smithsonian Institution donne 1887-1920 pour la période d’exploitation familiale. La fin en est cependant moins nette qu’il y paraît — les sources givernoises montrent encore Angélina au service de la maison, avec sa belle-fille Clarisse, dans les années 1930, alors que l’enseigne porte déjà le nom des Evans.

Un carrefour artistique international

1898 — 1911

Les soirées musicales et théâtrales

Quatre programmes imprimés sont conservés. La Jeunesse de Giverny donne ses soirées à l’hôtel Baudy le 27 février 1898 et le 4 février 1900 au profit de la bibliothèque scolaire, puis les 27 février 1910 et 30 avril 1911 au profit de la Société de Tir. Orchestre, monologues, chansonnettes, comédies en un acte : la maison est aussi la salle des fêtes du village.

Les soirées musicales et théâtrales

Août 1908

Une photographie qui porte sa date

Deux personnes posent de part et d’autre du bassin circulaire, dans un sous-bois. Une mention manuscrite se lit en bas du tirage : « Aug 1908 ». C’est le seul document du fonds à porter sa propre date.

Une photographie qui porte sa date

1914 — 1918

La Première Guerre mondiale

Le conflit disperse la colonie américaine de Giverny et marque, pour l’essentiel, la fin de la période.

La Première Guerre mondiale

1930

Le réveillon de Noël

Une carte manuscrite annonce le réveillon du 24 décembre 1930 : dîner et chambre, souper à minuit avec jazz, danses et tombola, puis le déjeuner de Noël le lendemain. Cent francs net par personne — « confort, chauffage, bonne table et gaieté sont assurés ». L’hôtel de peintres est devenu une maison de villégiature.

Le réveillon de Noël

XXe siècle

Une maison qui traverse le siècle

Changements de propriétaires, dommages, transformations : cette période est moins documentée que l’âge d’or.

Une maison qui traverse le siècle

1941 — 1942

La fin d’une époque

John Walley Evans, dit Billy, dernier hôtelier de la maison, meurt en 1941 à soixante-deux ans des suites des tortures subies à la Kommandantur ; sa pierre tombale, au cimetière de Giverny, porte les dates 1879-1941. L’hiver suivant, son épouse prête les anciens ateliers pour le catéchisme du village. Angélina Baudy s’éteint en octobre 1942, à quatre-vingt-neuf ans.

La fin d’une époque

Après 1945

Restaurant et salon de thé

L’activité hôtelière laisse place à la restauration. La maison conserve son atelier, son jardin et sa terrasse.

Restaurant et salon de thé

Aujourd’hui

Le Restaurant Baudy et les jardins

Le lieu accueille toujours les visiteurs de Giverny : la table, l’atelier en libre accès et un parc d’un hectare.

Le Restaurant Baudy et les jardins

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Fonds documentaire

Dans les archives de Baudy

Cartes postales, photographies de famille et d’atelier, imprimés publicitaires, peintures : les traces matérielles d’une maison qui a vu passer plusieurs générations d’artistes.

Explorer toutes les archives Le domaine, lieu par lieu

Theodore Robinson, la vallée de la Seine depuis les coteaux de Giverny

Le village

Giverny, village d’artistes

Le village s’étire au pied du coteau, entre la Seine et l’Epte. À la fin du XIXe siècle, la présence de Claude Monet et la lumière de la vallée y attirent des peintres venus d’Europe et des États-Unis.

L’ancien hôtel Baudy s’inscrit dans un ensemble de lieux qui font aujourd’hui l’identité de Giverny : la maison et les jardins de Monet, l’église Sainte-Radegonde, le musée des impressionnismes.

Giverny et la colonie artistique

Repères dans le village

81 rue Claude Monet, 27620 Giverny

Le jardin

Les jardins de Baudy

Entre mémoire, nature et impressionnisme.

Roses, iris, glycines : le jardin prolonge la maison et rappelle que la peinture s’est ici pratiquée au plus près des massifs.

La roseraie de Baudy : massifs de rosiers en fleurs devant l’atelier, avec une table et des chaises de jardin
La roseraie
Glycine en fleurs courant au-dessus d’une treille de bois, contre un mur de la maison
La glycine
Gros plan sur une rose épanouie, aux pétales roses serrés, dans le jardin de Baudy
Une rose
L’atelier vu depuis le bas du jardin, au sommet d’un escalier de pierre bordé de géraniums en pots
L’atelier et l’escalier
Massif de rosiers roses en pleine floraison dans le jardin de Baudy
Les massifs

Découvrir les jardins

Une maison de village, un jardin, une table : il n’en fallait pas davantage pour qu’une génération de peintres fasse de Giverny son atelier.

Aujourd’hui

L’histoire continue

Le lieu n’est pas un musée figé : il vit aujourd’hui à travers le Restaurant Baudy et ses jardins, ouverts aux visiteurs de Giverny.

Les jardins de l’Hôtel Baudy aujourd’hui : un escalier de pierre bordé de rosiers en fleurs monte vers l’atelier

Les Jardins Baudy

La roseraie, l’atelier et les allées, à parcourir au fil des saisons.

Découvrir le projet